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🏋️ QSM à la rescousse! 🚴‍♂️

29 août 2025

À propos de l’auteur :

Cet article a Ă©tĂ© composĂ© par Aymeric Averlant, physiothĂ©rapeute graduĂ© en 2023  et dĂ©tenteur d’un baccalaurĂ©at en Sciences BiomĂ©dicales. 

C’est quoi la QSM?

C’est l’acronyme de Quantification du stress mécanique. Ça sonne compliqué, mais promis ça ne l’est pas tant que ça et il y a des chances que tu en aies déjà entendu parler, directement ou indirectement!

En fait, c’est un principe d’adaptation qui explique pourquoi et comment ton corps va réagir à différents stresseurs. Dans le contexte de la physiothérapie et du présent article, on va parler de stresseurs physiques comme les chocs, les étirements.

Une règle simple à retenir : dans la mesure du raisonnable (c’est à dire où le stress appliqué ne dépasse pas la capacité d’adaptation du corps), le corps est capable de s’adapter à ce stresseur.

Le principe en image

Le graphique ci-dessus illustre la réaction du corps face à différents niveaux de stress au fil du temps :

  • La ligne rouge : la limite maximale que peut supporter un tissu. Si cette charge est dĂ©passĂ©e, le tissu ne rĂ©siste plus adĂ©quatement et risque de se blesser.
  • La ligne verte : le seuil minimal nĂ©cessaire pour espĂ©rer renforcer le tissu. En-dessous, il n’y a pas de gain de force ni de tolĂ©rance.
  • La zone entre les deux lignes : la zone de progression, idĂ©ale pour crĂ©er des adaptations bĂ©nĂ©fiques.

En résumé, c’est le principe de base de l’entraînement physique : tu ne peux pas progresser en course à pied en restant assis sur ton divan, ni gagner de la force sans soulever progressivement des charges.

Pourquoi c’est important?

Une mauvaise gestion de la QSM explique une grande partie des blessures musculosquelettiques courantes : tendinites/tendinopathies, périostites, fasciites plantaires, etc. Ces blessures sont souvent liées à une surcharge. À l’inverse, une sous-charge (ex : sédentarité) peut entraîner douleurs et déconditionnement.

Comment utiliser ce concert dans le quotidien?

En prévention : 

Connaître ce principe de base permet de mieux gérer nos activités du quotidien et nos activités sportives. Voici 2 exemples : 

  • Exemple (1)
    Imaginons que je viens d’emménager dans mon nouveau logement et que je décide de repeindre tous les murs. Je travaille habituellement dans un bureau et je n’ai pas l’habitude de peindre. Si je me lance dans un projet intensif de peinture sur une seule fin de semaine, 12 heures par jour, il y a de fortes chances que je développe des douleurs ou une blessure. Mes tissus — en particulier les muscles de l’épaule et du poignet — ne sont pas habitués à ce type d’effort répété.
    À l’inverse, si mon métier était peintre en bâtiment, mon corps serait déjà adapté à ce genre de tâche, et le risque de blessure serait beaucoup plus faible. On observe le même phénomène lors d’un changement brusque de carrière : passer d’un emploi de bureau à un emploi physique, ou l’inverse, impose un stress nouveau auquel le corps doit s’adapter. (Et oui, même le travail de bureau n’est pas tendre pour le corps!)
  • Exemple (2)
    Dans un contexte sportif, la situation est similaire. Prenons l’exemple d’une personne qui, en janvier, prend la résolution de courir un marathon. Elle a l’habitude de courir 5 km, 4 à 5 fois par semaine, et pense pouvoir augmenter rapidement sa distance en passant directement de 5 km à 10 km (ne faites pas ça!). Résultat : dès la première sortie, des douleurs apparaissent dans les tibias et s’aggravent lors des entraînements suivants.
    Même si la personne est physiquement active, cette progression trop rapide a dépassé la « ligne rouge » de tolérance de ses tibias. Le tissu, incapable de s’adapter aussi vite, réagit par la douleur.

En curatif : 

  • Exemple (1)
    Un repos initial de quelques jours peut aider à calmer les symptômes et donner un répit au tendon. Toutefois, ce n’est en aucun cas une solution durable. Ce que l’on recherche vraiment, c’est une adaptation tissulaire. Pour y parvenir, il est essentiel d’intégrer des exercices spécifiques, qui permettront au tendon d’augmenter progressivement sa résistance et sa tolérance à la charge. C’est cette stimulation contrôlée qui assure une guérison efficace d’une tendinopathie.
  • Exemple (2)
    De la même façon, un court repos peut atténuer une partie de la douleur et apporter un soulagement temporaire. Mais encore une fois, ce n’est pas une solution à long terme. Pour éviter la récidive, il faut plutôt miser sur une gestion progressive de la QSM, c’est-à-dire ajuster la charge de façon graduelle afin que le tibia développe la capacité nécessaire pour répondre à la nouvelle demande.

Règle numéro 1 dans tous les cas : consultez un professionnel de la santé qualifié pour vous accompagner dans votre guérison.

Voici quelques exemples de changements pouvant influencer la QSM :

  • Augmentation trop rapide du volume d’entraĂ®nement : par exemple, augmenter de façon importante la distance ou la durĂ©e en course Ă  pied ou en vĂ©lo, soulever des charges trop lourdes trop vite au gym, ou encore partir en voyage avec un sac Ă  dos lourd sans prĂ©paration physique adĂ©quate.
  • Augmenter rapidement le rythme ou les heures de travail physique intense (ex. saison des rĂ©coltes, pĂ©riode de pointe en entrepĂ´t)
  • Ajout soudain d’une charge au quotidien : sac Ă  dos lourd, nouvel Ă©quipement, etc.
  • Changements physiques brusques ou non progressifs dans une activitĂ© rĂ©pĂ©tĂ©e : comme changer de souliers de course sans transition ou utiliser de nouvelles orthèses sans pĂ©riode d’adaptation.
  • Travaux ou rĂ©novations : qui entraĂ®nent une augmentation ponctuelle mais importante de la charge physique.
  • Blessure Ă  un membre : qui oblige Ă  compenser avec l’autre, crĂ©ant ainsi une surcharge sur le membre sain.

Conclusion

La gestion de la QSM, sans être une solution miracle, demeure un outil central — utilisé directement ou indirectement — dans le traitement de la majorité des blessures musculosquelettiques. Comme nous l’avons vu, elle joue aussi (et surtout!) un rôle clé en prévention, permettant de réduire considérablement le risque de blessures liées à la surcharge ou à la sous-charge.

N’hésitez pas à consulter un·e professionnel·le de la santé qualifié·e, que ce soit de façon préventive ou curative, afin d’être accompagné·e dans l’adaptation et la gestion de vos variations de QSM. Un encadrement approprié peut faire toute la différence entre progression, stagnation… ou blessure.

À propos de l’auteur :

Cet article a Ă©tĂ© composĂ© par Aymeric Averlant, physiothĂ©rapeute graduĂ© en 2023  et dĂ©tenteur d’un baccalaurĂ©at en Sciences BiomĂ©dicales. 

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